Léo Schemmel, funambule ayant déjà été interprète dans des projets de la Cie Les Chaussons Rouges, crée son premier spectacle solo. Il travaille sur des thématiques sociales à l’aide de tableaux contemplatifs.

Un personnage cherche inlassablement à détourner la ligne tracée, cherchant le calme dans le déséquilibre, traversant ses émotions à la manière d’un rituel de passage.

Comment éviter les schémas de nos parents, qui ont eux-mêmes reproduits ceux de leurs parents ? Comment ne pas imposer les notres à nos enfants ? Comment contourner la trace du fil, comment zigzaguer sur une ligne ? Comment traiter des sujets de la descendance, de l’apprentissage, de la transmission et de la mort. Le funambule Léo Shemmel veut explorer toutes ces questions en détournant la pratique conventionnelle de son agrès : le fil. Le spectacle se déroule sur un câble ascensionnel, oblique, composé d’une seule traversée et accompagné de musique live. Le protagoniste y incarne des états de corps à la recherche des chemins empruntés par ses ancêtres. Interprétant des émotions, mais également des éléments de la nature, il cherche à comprendre les mécanismes inscrits au plus profond de lui-même afin de les déjouer pour ne plus les reproduire.

La parentalité a soulevé chez moi un tas de questions. Ça ne parle pas de politique ni de visions écologiques, mais bien de l’essence même de la vie, l’attention, la sensibilité, la transmission, la compréhension, de nos corps, des âmes et de la nature. Comment serait le monde si nous étions plus attentifs aux premiers instants de vie de nos enfants, aux derniers instants de vie de nos aïeux ? Que se passerait-il si nous donnions toute notre attention et notre disposition à ces êtres en début ou en fin de vie ?

La pièce est guidée par un musicien qui traduit musicalement la chorégraphie sur le fil, à l’aide de nappes sonores, de bruits, mais aussi de mélodies. La partition reste ouverte pour permettre l’improvisation suivant les humeurs, les publics ou les lieux de la représentation, que ce soit dans la rue ou dans des lieux non-dédiés, comme des friches industrielles ou une forêt.