Comment peser le plus légèrement possible sur cette terre qui nous a inventés ?

Les autres est le premier spectacle que la compagnie Anton Lachky a réalisé sous l’égide de la charte « Aimer la planète Terre ». Créée pour la rentrée 2019, cette charte concrétise le désir des artistes de prendre part à la transition écologique et de redéfinir ce qu’ils comprennent, entendent ou veulent dire lorsqu’ils utilisent le mot « succès ». « Il ne nous semble plus raisonnable de considérer “réussi”, un projet qui serait mené sans une attention particulière aux conséquences de notre activité sur l’environnement.
Bien évidement, tout l’enjeu de cette entreprise consiste à trouver les stratégies nous permettant de concilier tous les paramètres habituels de la réussite (bilan moral et financier) avec des paramètres écologiques. Il s’agit donc ici pour nous d’envisager ce que nous pouvons mettre en place afin de maintenir un même niveau d’excellence, tout en adoptant un comportement respectueux et élégant envers la planète. Pour concevoir ce projet, nous avons repensé et ajusté notre mode de production, de création et de diffusion. »

Les autres évoque le thème de la transition écologique et traite de notre rapport au pouvoir établi. Plus qu’un spectacle, la création propose aussi un défi, une expérience particulière à tous les acteurs de cet évènement : la compagnie, les publics – enfants, écoles, institutions culturelles, enseignants… – et se présente sous la forme d’une question, à laquelle nous apporterons tous ensemble une réponse : « Comment peser le plus légèrement possible sur cette terre, qui nous a inventé ? »

La nouvelle création d’Anton Lachky retrace l’épopée d’individus bien décidés à reprendre les rênes du pouvoir et à reconquérir leur propre liberté de mouvement ! À travers cette exercice essentiel, ces révoltés commettent un acte citoyen crucial : ils reconquièrent un morceau du monde, un morceau de l’environnement, leur propre corps !

Dans ce nouveau spectacle tout public, la danse est un furieux désir d’endurance, de complexité, de précision… de vie ! Elle n’a rien de décoratif, ni d’accessoire. Elle creuse en nous une question : « Alors qu’avec une inexplicable furie, nous gravissons les derniers échelons possibles de notre modernité, que faisons nous, de la beauté ? »

Anton Lachky se demande comment la ligne narrative sous-tend, nourrit le travail du danseur et de l’écriture du mouvement. La trame narrative vient colorer le travail du corps, affiner, préciser, contextualiser la gestuelle. Les deux paramètres de la danse et de l’histoire s’enrichissent mutuellement. Le travail chorégraphique publie le contenu narratif avec toute cette force « physique » qui le caractérise, tandis que le contenu narratif nourrit de sa substance le langage du corps. Cette interaction devient l’un des enjeux majeurs de sa recherche artistique. Le chorégraphe ressent le besoin de relier son travail corporel à une histoire, à des situations identifiables. `