Près d’un an après la toute première Marche du vide expérimentale organisée à Ottignies, le Réseau brabançon pour le droit au logement (RBDL) et le Rassemblement wallon pour le droit à l’habitat (RWDH) invitaient la presse à refaire le même parcours pour découvrir un nouvel outil : la Carte du vide. L’occasion d’attirer l’attention des journalistes sur une réalité complexe et sensible qui nécessite des engagements politiques courageux.

Vincent Wattiez, chargé de projet au Centre culturel du Brabant wallon pour le RBDL, présentait à la presse[1] ce mardi 14 mai 2024 le concept des Marches du vide, ainsi que le nouvel outil pour en organiser : la Carte du vide. D’emblée, Vincent leur indiquait que le choix d’Ottignies pour l’organisation de cette neuvième Marche du Vide ne relève pas d’une volonté de pointer une commune dans laquelle le problème de logements vides serait plus présent qu’ailleurs en Wallonie. Il rappelait aussi que Marche et Carte du Vide sont le fruit d’un travail en maillage dans lequel chaque partie prenante, chaque association ou collectif apporte sa touche et ses préoccupations.

La Carte du Vide est un outil pédagogique – illustré et mis en page par Élise Debouny – pour accompagner l’organisation de Marches du vide, elles-mêmes outils de sensibilisation à la question du droit au logement et à la lutte contre l’inoccupation des espaces vides. La Carte du vide est le mode d’emploi pour organiser ces marches, qu’il s’agisse d’interpeller des responsables communaux, de retracer l’histoire sociale d’un quartier ou encore de découvrir des expériences d’occupations, conventionnées ou non. L’originalité du projet est de partir du local pour agir sur le régional, chaque niveau devant être pensé pour renforcer l’autre. Politique et éthique, le but des Marches du vide est de nommer l’inoccupation, de la mettre en débat et de nourrir les connaissances de chacun·e sur la problématique.

Chaque Marche du Vide prend une coloration particulière en fonction des associations qui l’organisent et des publics auxquels elles s’adressent. Lors de la Marche du Vide expérimentale de juin 2023, Clara Adler de l’asbl Habitat et Participation avait présenté le cadre légal et les différents outils juridiques disponibles. Pour la présentation de la Carte du Vide à la presse, ce sont Dylan et Tam, du RWDH, qui se sont relayé·es, aux différentes étapes du parcours, pour évoquer les dimensions politiques et sociales de la question des logements vides. Dylan a insisté sur le fait qu’il ne faut surtout pas confondre la lutte contre les logements inoccupés et la mise à l’abri de personnes frappées par le sans-abrisme. « Croire que l’on règlera la problématique des personnes mal-logées exclusivement en luttant contre les logements inoccupés est un leurre. » Dylan a aussi souligné la dichotomie entre droit d’usage et droit de propriété. Pour Tam, « les droits humains, comme le droit au logement, nécessitent de mettre des moyens politiques sur la table ». Le RWDH regrette que les mandataires politiques ne fassent pas usage des outils réglementaires et juridiques qui leur permettraient à la fois de faire cesser l’inoccupation de bâtiments sur le territoire de leur commune et de fournir des logements décents à des personnes en situation de mal-logement.


[1] Lisez ici l’article de Michel Demeester et découvrez ici le reportage d’Antal Moreau et Samuel Francis pour TV Com

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