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TRADITION VILLAGEOISE

Gasteropidus sur la trace des voleurs

Le Professeur Gasteropidus a lancé un défi aux élèves de la 3e primaire de l'école communale "Les petits fûtés" de Thorembais-les-Béguines. Son sujet d'étude : la nuit des voleurs, une tradition persistante dont les origines sont sujettes à caution.
Le Professeur Gasteropidus poursuit son travail de recherche sur l’identité des habitants du Brabant wallon. Cette fois, c'est dans l’Est de la province, qu’il connait de mieux en mieux, que l’inénarrable Professeur Gasteropidus a promené ses antennes, et c’est la traditionnelle "Nuit des voleurs" de Thorembais-les-Béguines, qui a éveillé sa curiosité "ethnologiste" et titillé ses antennes à souhait ! Pour en savoir plus, au matin du 1er mai 2015, notre Sherlock en coquille a récolté de précieuses anecdotes.

En parallèle, il a confié aux 23 élèves de 3e primaire de l’école communale de Thorembais-les-Béguines, la mission d’interroger leur entourage afin d’en savoir plus sur les origines de cette tradition (les curieux iront voir la vidéo - ordre de mission au bas de cet article). Au départ, les "Petits futés" ont été effrayés par l’aspect de ce drôle de professeur dont ils ont reçu les instructions sur un DVD. "Je ne les avais pas avertis qu’il s’agissait d’une marionnette, explique Madame Valérie. Ils ont été saisis par son visage. Mais quand le Professeur a fait sa première visite en classe, la dimension humoristique est super bien passée auprès des enfants. Les élèves sont aussi très motivés par l’utilisation des outils. »

Une maquette narrative


Ils sont également très fiers d’aider le professeur et son assistant Pierre Delcourt, du collectif "Boite à Clous". Tout ce petit monde fabrique une maquette animée représentant le village et commémorant des évènements qui s’y sont déroulés lors de l’une ou l’autre Nuit des Voleurs. On y trouve l’église du village, un petit train-usine circulant autour d’une maison fabriquée à partir d’un vieil arrosoir en métal et la niche, volée une nuit… avec son occupant ! Complétée de légendes et de textes, la maquette est destinée à rejoindre les objets réunis par les voleurs sur le parvis de l’église. Après, les petits voleurs seront réalisés avec des bouchons de liège et de la pâte Fimo.

Outils et matériaux de récupération ont envahi la classe : bois, cartons, tissus, bouchons de liège… "Les enfants ont amené quelques petites choses, comme de vieux jouets qui seront insérés dans le décor", explique Virginie, animatrice du Centre d’expression et de créativité "Osez’art", de Perwez, initiateur du projet. On coupe, on scie, on colle. L’usage de la grande scie est réservé aux adultes et il faut faire extrêmement attention en utilisant le pistolet à colle chaude, mais les enfants adorent manipuler tout ce matériel mis à leur disposition.

Madame Valérie, l’institutrice francophone qui va de classe en classe dans l’école communale où se pratique l’immersion en néerlandais dès la 3e maternelle, explique combien ce projet est riche en termes pédagogiques. "Tout ce qu’ils mettent en place pour réaliser la maquette leur apprend plein de choses ! Ce sont des apprentissages beaucoup plus concrets, ils acquièrent des compétences transversales et apprennent à travailler en groupe. Ce n’est vraiment pas une perte de temps. Par exemple, lors de la construction de l’église, pour faire le toit, ils ont calculé l’aire du triangle. Et quand, en 5e, ils aborderont le cercle, ils se souviendront en avoir découpé un pour décorer la plateforme du petit train."

Caroline Dunski


Le Professeur Gasteropidus a lancé un défi aux élèves via cette vidéo, en leur demandant de récolter un maximum d'infos sur la tradition de la Nuit des voleurs. Puis, il est venu en classe, la semaine suivante, pour découvrir le fruit de leur récolte. Neuf ateliers de création artistique ont suivi. C'est ce que vous raconte l'article ci-dessus, paru dans l'Espace-vie de mai.