Du terristoire au terricroitre…

La province du Brabant wallon est née en 1995 de la scission de l’ancienne province de Brabant entre Brabant flamand, Brabant wallon et la Région Bruxelles-Capitale. D’une superficie de 1 090 km2, et comprenant 27 communes, c’est la plus petite et la plus jeune des provinces belges.

Les principales statistiques publiées en 2019 par la Fondation économique et sociale du Brabant wallon (FESBW) présentent une province en pleine mutation :  “Le Brabant wallon en chiffres”.

S’il convient de mettre en évidence un cadre de vie et de travail majoritairement ressenti comme agréable et diversifié, un niveau d’éducation le plus élevé de Belgique, une vitalité économique ainsi qu’une terre d’abondance socioculturelle, le Brabant wallon devra néanmoins relever de nombreux défis sociaux et démographiques.

Pour ne citer que quelques défis sociaux et démographiques :

  • De fortes migrations des populations : la démographie du territoire croît de plus en plus (le BW, qui totalisait 336 000 habitants en 1995, comptera plus de 470 000 habitants en 2050 et plus de 513 000 en 2070)
  • Un exode de la population bruxelloise qui se poursuit et contribue à augmenter la pression sur les prix des loyers et de ventes des logements, les rendant inabordables
  • La population vieillit très rapidement (le BW compte aujourd’hui 18 % de seniors de +65 ans et en comptera 24 % en 2035, soit 1 personne sur 4)
  • L’écart entre les montants faibles et les montants élevés soumis à l’impôt des personnes physiques est supérieur à celui mesuré en Wallonie et en Belgique
  • 20% du territoire du Brabant wallon est artificialisé contre 10,6% en Wallonie. Une superficie majoritairement dédiée aux logements, qui devront se transformer pour accueillir la population qui ne cesse d’augmenter

Si les acteurs culturels que nous sommes s’inspirent, entre autres, de ces statistiques pour mieux comprendre le territoire sur lequel nous opérons, nous cherchons surtout à interroger les situations et les vécus des gens concernés par le territoire afin d’explorer les articulations possibles entres les questions de société telles qu’elles apparaissent et les pratiques culturelles qu’il conviendrait de déployer. Le Centre culturel du Brabant wallon se consacre actuellement à la poursuite des enjeux et objectifs fixés dans le Contrat-programme 2022-2026.

 

Contribuer au développement de nouveaux imaginaires

Étant donné les constats révélés par l’analyse partagée de notre territoire (destruction des paysages, diminution des espaces verts, crise sanitaire, crise écologique, crise du logement, urbanisation excessive, évolution démographique, accélération du temps…), nous souhaitons contribuer au développement de nouveaux imaginaires pour faire émerger une société responsable, durable et respectueuse du vivant.Cet enjeu lié à l’environnement entend infléchir l’imaginaire culturel collectif vers le respect de la Terre et de l’Humanité. Il évoque en filigrane le fait qu’il est vain de prétendre dominer, maitriser, posséder la terre. Il induit l’idée que par l’expression créative, nous pourrions penser autrement notre manière de vivre et privilégier la solidarité et l’empathie entre les peuples, les genres et les espèces vivantes. Il sous-entend que chacun aurait le droit d’y trouver sa place.

Cette formulation de l’enjeu est une suite logique à l’enjeu que nous avions identifié dans notre précédent contrat-programme 2017-2021 et qui visait à encourager le sentiment d’appartenance au territoire. Il va un pas plus loin. Là où le sentiment d’appartenance visait l’implication des citoyen·nes dans leur lieu de vie, prônait la création de liens entre les habitant·es et le partage de mêmes valeurs, le nouvel enjeu traduit ce sentiment d’appartenance par le partage de nouveaux imaginaires en vue de penser ensemble le monde de demain.

 

Contribuer à la transformation de notre rapport à l’égalité pour favoriser
une société inclusive et équitable

Étant donné les constats révélés par l’analyse partagée de notre territoire (inégalité dans la gestion du temps, de l’espace, du logement, exclusion des jeunes, des personnes âgées, augmentation des ménages monoparentaux, perte de diversité sociale et culturelle, fracture numérique…), nous souhaitons contribuer à la transformation de notre rapport à l’égalité pour favoriser une société inclusive et équitable.

Cet enjeu prône une société intuitive et équitable, basée sur le refus des inégalités récurrentes qui caractérisent nos différents espaces de vie, peu importe nos âges, nos professions, nos situations sociales. Il veut contribuer à la construction d’une société digne et inclusive qui respecte les choix de vie de chaque être, dans son individualité et son particularisme. Il veut valoriser la diversité, renforcer la légitimité de tou·tes. Cet enjeu évoque le nécessaire besoin de ré-enchantement, élément indispensable si l’on souhaite faire en sorte que chaque citoyen·ne soit acteur·rice de sa vie. Cet enjeu s’inscrit dans la continuité de l’enjeu que nous avions identifié dans notre ancien contrat-programme 2017-2021 et qui visait à favoriser la mixité sociale. Cet enjeu d’inclusion est fondamental, il est inhérent à nos missions en faveur d’une plus grande effectivité des droits culturels. « Il est temps de décoloniser notre imaginaire, de remettre en question les idéologies qui rendent légitimes les inégalités et les exclusions ».

 

Nos actions culturelles se déclinent sous forme de trois reconnaissances 

– Une action culturelle générale et intensifiée ;
– Une action culturelle spécialisée en création dans le domaine du cirque, arts de la rue et arts forains ;
– Plateformes de coopération entre centres culturels du Brabant wallon.