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Le Théâtre des 4 Mains
OTTOKAR VI / Les compagnies

Le Théâtre des 4 Mains

Né à Bruxelles dans une maison communautaire entre 1982 et 1985, le Théâtre des 4 Mains est désormais installé à Beauvechain. Rencontre avec Marie-Odile Dupuis.
Le projet du Théâtre des 4 mains est né avec un premier spectacle dans une maison communautaire que louaient quatre étudiants en théâtre (IAD) et quatre autres personnes actives dans le secteur éducatif (instit’ ou assistants sociaux). "Dans cette communauté, il y avait une envie très forte de faire du théâtre jeune public. Nous étions des comédiens et des
instits, même parfois les deux, confie Marie-Odile Dupuis. Benoit était instit’ puis il a fait l’IAD. Moi je n’ai pas fait de formation théâtrale. J’était plutôt éducatrice, animatrice. Immeuble B23 n’était pas du tout un spectacle de marionnettes. C'était une espèce de truc invraisemblable qui se passait dans un immeuble avec plein d’étages. Une sorcière se cachait dans un ascenseur et quand les gens l’empruntaient, elle les transformait, des choses se passaient."

"La marionnette nous collait bien"

"En 1983, on a présenté notre premier spectacle à la sélection Jeune Public, qui n’était pas à Huy, mais à Marche-en-Famenne. On a été royalement rejetés car on n’était pas du tout assez professionnel. Or à l’époque, il n’y avait pas beaucoup de compagnies jeune public, excepté les compagnies comme le Guimbarde, la Galafronie, donc les toutes anciennes compagnies. Il y avait peut-être sept ou huit compagnies professionnelles. Après ce rejet de la sélection de Marche-en-Famenne, les comédiens de l’IAD ayant terminé leurs études, ils ont quitté la maison et, finalement,  nous nous sommes retrouvés, Benoît de Leu et moi, seuls porteurs du projet. Nous étions déjà très investis et, formant un couple par ailleurs, nous avons décidé de mener ce projet à deux. Parallèlement à ça, pour gagner notre croute, on animait des anniversaires avec des marionnettes, les mercredi, samedi et dimanche. La demande était là, ça marchait bien. On a monté des spectacles, dont des textes de Pierre Gripari. Puis un jour, on est allé trouver des gens qui s’appellent Jean Gérardi et Suzanne Gohy. C’était un couple plus âgé que nous, entre 60 et 70 ans, ils étaient comédiens professionnels et avaient donné cours à l’IAD. Ils y donnaient ensemble un cours spécifique sur la marionnette, mais ils venaient de prendre leur pension et Benoit avait toujours regretté de ne pas avoir pu suivre ce cours-là. Alors on s’est dit 'si on allait trouver ces gens pour leur demander s’ils n’ont pas envie de nous donner certains conseils ?' On sentait que la marionnette nous collait bien, mais on n’avait pas toutes les armes.

Ces gens-là étaient des passionnés de marionnettes. Ils n’avaient pas d’enfant. Ils nous ont dit 'Non, on est vieux, on n’a plus envie de ça'. On avait apporté quelques têtes de marionnettes qu’on avait fabriquées : ils nous ont dit 'elles sont ratées, ça ne va pas du tout'. Et ils nous ont donné une grosse brique qui s’appelle La grammaire de la marionnette, de Paul Gervais. Un truc poussiéreux. Puis lui nous a dit : 'allez faire tous les exercices qu’il y a là-dedans et revenez nous voir'. Et nous, on était très volontaire, on l’a fait, on a suivi les conseils page après page. Il s’agissait de la marionnette à gaine, donc de la technique du guignol où tu tiens ta marionnette en l’air. On sentait qu’il y avait quelque chose d’autre à faire avec cette technique-là. Et on cherchait. Six mois plus tard, on est revenu chez eux. Ils n’en revenaient pas. On avait cherché des textes, on avait refait des têtes de marionnettes avec ce qu’ils nous avaient proposé. Et ils étaient impressionnés. Puis des choses de la vie ont fait qu’on s’est rapprochés à ce moment-là. Une amitié très forte s’est construite entre nos deux couples de 50 ans d’intervalle. Ce couple nous a pris sous ses ailes. Elle, Suzanne, a été comédienne toute sa vie, elle a joué au Rideau, dans l’équipe de Claude Étienne; C’était vraiment une comédienne professionnelle avec beaucoup de technique. Elle m’a appris mon métier, elle m’a donné les ficelles d’interprétation et de marionnette."

"Ce spectacle qu’on avait commencé à travailler, ils en ont fait la mise en scène, à eux deux. On l’a présenté à Huy en 1985 et ce spectacle a été joué 500 fois, il a cartonné. C’était Crac dans le sac, un texte de Pierre Gripari pour la marionnette. Un truc très drôle, très moqueur, dans l’esprit de la marionnette, assez anarchiste. C’était très rigolo. Et puis on a fait un deuxième spectacle, avec eux encore, pour lequel on a fait appel à un ami musicien passionné par le projet qui en a composé la musique : Jean-Christophe Lefèvre. À nos côté, il a découvert qu’il adorait fabriquer des marionnettes et il s’est mis à en fabriquer pour nous. Il a intégré complètement l’équipe. On a eu des heures de gloires avec 4 ou 5 spectacle en suivant, dont le Roman Renard, de marionnettes à gaine, dans lesquels on a poussé la technique très loin. Caché derrière un castelet, le comédien joue à mains tendues. Mais on n’était plus dans le guignol : les scénographies, les décors, la manipulation des marionnettes étaient énormément travaillés. On proposait une redécouverte de cette marionnette-là qui avait tellement été bêtifiée par les Gratinet, les Péruchet, les trucs gnangnans. On a eu du mal à nous imposer, vu l’apriori poussiéreux sur la marionnette. Et petit à petit, les gens ont accepté de nous suivre. Après, on a été fort étiqueté 'marionnettes', les gens nous attendaient toujours avec ça. Puis, un moment donné, après avoir fait le tour, quand on a eu envie de faire autre chose, on a eu du mal."

"On a toujours cherché des comédiens, pas des marionnettistes, mais des comédiens. La marionnette a toujours été là, mais parfois, même souvent, mélangée à des comédiens. Des grandes marionnettes, des petites marionnettes à vue, pas uniquement des marionnettes à gaine. Mais même avec les comédiens, on travaille dans l’esprit marionnettes. Par exemple dans le spectacle qu’on travaille ici avec Nico, ce sont des comédiens, mais finalement, on les a un peu transformés en marionnettes, moi je les ai fait travailler comme des marionnettes. Je suis un peu 'déformée marionnettes', mais dans des techniques très variées."

"L'appellation "4 Mains" n'a rien à voir avec les marionnettes. Elle vient du premier spectacle, celui qui a été rejeté, qui n’était même pas un spectacle de marionnettes, mais l’adaptation d’un conte de Marcel Aimé. Il y avait un couple de parents, qui fonctionnait en fusion à tel point qu’on disait qu’ils avaient 4 mains. Et on avait trouvé cette expression marrante, à l’époque."

L'aventure de Beauvechain

En 1989, nous avons quitté Bruxelles, parce qu'il n’y avait pas d’espace pour entreposer, pour construire, créer, garer un camion… dans e la maison où nous habitions. On a trouvé un vieux bistrot avec une salle de spectacle de théâtre à Beauvechain. C’était pas cher du tout, à peine 65 000 euros, on a sauté dessus. La salle était grande, cet endroit avait été un bordel tout un temps à cause de la base militaire. On a tout transformé. C’est une salle de 250 mètres carrés, mais tout était à refaire. Comme on habitait juste à côté, nous avons fort porté le projet à deux. C’est ça qui faisait notre force. On portait le truc corps et âmes, on n’était vraiment pas des fonctionnaires. Quand on est arrivés là, on avait 2 petits enfants, on s’est tout de suite impliqués à l’école. Car le théâtre à l’école, à cette époque, fonctionnait uniquement avec l’associatif. C’est une association de parents qui organisait le théâtre à l’école dans une salle communale. C’étaient sept ou huit mamans qui allaient occulter, accueillir, décharger les camions, faire manger à midi... Quand il a fallu prendre le relais, j’ai saisi la balle au vol. Et quand il a fallu réaménager la salle, ils l’ont complètement réaménagée pour le spectacle jeune public. Tout le théâtre à l’école s’est fait là, les liens avec les écoles se sont renforcés, du coup les ateliers dans les écoles, se sont faits sur place, puis pour les enfants du village, les ados. À présent, on a complètement dépassé le théâtre jeune public, on a un gradin spécifique tout public pour accueillir le public local. Mais on continue de revendiquer notre mission théâtre jeune public. On a à peu près 120 enfants qui viennent toutes les semaines chez nous."

"Depuis Jean-Christophe, il y a eu Annick, sa copine, qui est scénographe. On a mené cette compagnie à quatre, avec des allers-retours. En 1994, on a été reconnu par la Communauté française, on est entré dans le décret. À l’époque, il y avait encore moyen de décrocher des subsides dans le cadre du théâtre pour la jeunesse. C’est ainsi qu’on est devenu une compagnie avec quatre permanents. Mais on faisait tout : l’artistique, la gestion, etc."

Qu'est-ce qu'un "bon spectacle" ?

"Je pense qu’on a toujours gardé le même esprit, des spectacles qui sont drôles, qui sont rythmés, qui appellent un chat un chat, avec plein de surprises, avec des effets, et toujours une bonne histoire. C’est notre truc : embarquer les enfants dans un univers et raconter des histoires aux enfants. Au début, on a beaucoup adapté des histoires : on a monté Charlie et la Chocolaterie, Renart le renard, L'Opossum qui avait l’air triste, qui est un roman pour enfants. Olivier Appart, un auteur, a également écrit plusieurs spectacles dans la même veine. Pour nous c’était très important qu’il y ait une histoire. C’est peut-être l’héritage pédagogique : que l’enfant sorte avec des clés pour grandir. Moi j’aime bien qu’un spectacle puisse faire son chemin dans sa tête, mais il ne doit pas être didactique. Que l’enfant puisse s’identifier, se reconnaître, et faire son chemin, se retrouver. Pas juste être observateur. Pouvoir aussi prendre part, être touché par ce qu’il se passe. On a toujours mis l’accent sur les débats avec les enfants, sur ce qu’ils retiennent de ce qu'ils ont vu. On a des guides pédagogiques, d’accompagnement. Ce sont toujours des spectacles où on rit, ils sont parfois tristes ou émouvants. Sans être pédagogique ou didactique. Et je me rends compte qu’on raconte toujours un peu la même histoire. Avec le recul, à travers toutes ces histoires qu’on raconte, c’est toujours 'comment tu dépasses une épreuve pour grandir'. Que ce soit pour les tout petits ou pour les grands. On parle de peurs, de comment on dépasse ces peurs. Benoit et moi avons eu quatre enfants, donc au-delà d’aimer les enfants, de notre sensibilité pour les enfants, on est dans un quotidien avec les enfants. C’est pourquoi je pense qu’on a toujours eu des spectacles très justes du point de vue du quotidien. Les enfants peuvent toujours se reconnaître avec le sac de piscine oublié dans lequel le maillot moisit."

Cibler son public

"Quand on crée un spectacle, on cherche avant tout : le plaisir et l’intérêt des enfants, et l’émotion. Au moment où on crée, on a une idée un peu précise des enfants auxquels on va s’adresser. Par exemple, Charlie et la Chocolaterie, tu sais très bien que ce n’est pas pour un enfant de 3 ans, même s’il faut l’adapter. Tu sais qu’à l’aide du visuel, tu vas pouvoir intéresser des enfants de 6-7 ans, mais du point de vue du contenu, tu peux toucher des enfants jusque 10-12 ans. Ça c’est facile, c’est net. Tu peux aussi écrire. Olivier nous a écrit 3-4 textes. Mais quand tu écris, tu ne te dis pas 'je vais m’intéresser à cet âge-là'. Car en écrivant, tu cherches, tu chipotes, c’est au fur et à mesure de l’écriture que tu te dis 'ok, c’est pour les 4,5,6 ou plutôt les 7, 8, 9'. Et puis au moment où tu décides de ta mise en scène, tu peux encore un peu orienter le spectacle. Par exemple, tu trouves que le contenu est chouette pour les petits, mais qu’il y a beaucoup trop de mots. Alors on coupe des phrases et ça va. On réfléchit beaucoup à ça : on teste, on va voir dans les classes pour voir qui ça va intéresser vraiment pour ne pas se retrouver avec le public qui n’est pas le bon."

Susciter des émotions

"Avec les tous petits,  on est beaucoup plus dans le visuel, on utilise beaucoup moins de mots, l’histoire doit avoir l’air beaucoup plus simple, même si au final c’est toujours la même histoire qu’on raconte. Si c’est l’histoire 'comment je vais traverser cette épreuve et grandir', l’épreuve que le tout-petit va surmonter c’est une épreuve qui le concerne lui. Pour le plus grand, c’est une épreuve qui le touche. Mais je pense que tu peux aborder tous les thèmes avec tous les âges, bien que tu doives les aborder autrement. Et visuellement aussi, tu vas aller dans d’autres registres : tu vas être dans la simplicité avec les petits car si c’est trop fouillis, c’est pas clair pour eux, il faut que ce soit un peu plus structuré." 

Voici le portait chinois. En parlant du Théâtre des 4 mains, si c'était un conte pour enfants, ce serait... ?
"Le Petit Poucet, parce que les 4 mains trace un chemin depuis le début. On sème nos cailloux et peu importe que les oiseaux viennent les manger, on retombe toujours sur nos pieds. On creuse un sillon depuis le commencement. Il y a aussi le côté très familial. Il y a aussi le côté grandir tout seul sans les parents, puis retrouver les parents. Notre histoire de famille, notre histoire avec le couple âgé.
Peter Pan, aussi. Benoit et moi on est resté des Peter Pan ! On n’a jamais joué à être autre chose que ce qu’on est. Et si on peut faire ce métier, c’est en grande partie parce qu’on touche à notre âme d’enfant tout le temps. On est en lien avec notre âme d’enfant. Et moi c’est mon moteur. Dans la mise en scène qu’on vient de faire, j’ai tout le temps refusé les proposition 'pour que ça ait l’air fun, pour que ça ait l’air chouette'. L’enfant : c’est quoi, lui, son univers, son âme à lui. Toujours se poser la question. Pas faire des trucs qui vont passer au-dessus de sa tête pour donner un style. Ne pas céder à cela. Creuser son chemin en respectant, en étant en lien avec son âme d’enfant. Tout en pouvant être adulte là où il faut l'être : il n’y a pas un manque de maturité. Car en tant que directeur de compagnie, on a une grande responsabilité. Et notre théâtre, on le mène comme une famille.  Les gens qui viennent voir des spectacles chez nous, ils apprécient d‘être à l’aise, de se sentir comme chez eux."
Un objet ? 
Une grande maison familiale. 

Le Théâtre des 4 mains s'est associé aux autres compagnies brabançonnes pour créer le Bus Ottokar, théâtre itinérant.

CONTACT
Théâtre des 4 mains

103 Rue Longue à 1320 Beauvechain 
Tél. : 010/ 86 07 31