1e PARTIE DE L'EXPOSÉ

Le paradoxe de la coopération contrainte

Un a priori contre la coopération


Étonnamment, la notion de coopération est apparue chez les économistes. Pour eux, l’idéal résiderait dans le fait qu’un acteur cherche généralement à tirer seul le profit. On parle d’égoïsme rationnel (self regarding).
Or, il y a des moments où il faut des accords provisoires, des ententes et des compromis. Ces acteurs sont alors prêts à jouer le jeu de la coopération pour autant que leur intérêt personnel soit rencontré (volume d’emploi, public, subsides garantis...). Ces acteurs qui au départ avaient un a priori contre la coopération, vont par moment coopérer. Pour eux, la coopération est un "pis aller" > On peut dire que l’intérêt individuel est contrarié.

Puisqu’ils ont un "a priori contre la coopération", ces acteurs placent directement la coopération dans l’obligation de réussir mieux que si on reste seul à la manœuvre > il y a obligation de réussite.

Dans certains cas, la coopération est décrétalement obligatoire. Exemple avec les transferts de compétences en matière d’handicap et de vieillissement : les moyens liés au transfert de compétences (du fédéral vers le régional ou le communautaire) ne suivent pas toujours => des coopérations sont imposées avec des justificatifs de bienfaits > il y a poids ou menace de la sanction extérieure.

Ce modèle de coopération contrainte est généralement une structure d’accord provisoire pour maximiser des intérêts individuels sur le court terme (cfr. self regarding).

Ce modèle n’est pas très fructueux ! Il entraine des résistances à coopérer – on a donc raison d’avoir des résistances, car coopérer peut être tout, sauf un plaisir.

D’autres modèles de coopération pourraient-ils fonctionner et nous amener à développer des formes de coopération sociale ?

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