Centre culturel du Brabant... / "Dans le noir "| La Compagnie du Dahlia
RÉSIDENCE | 17 > 31.07

"Dans le noir "| La Compagnie du Dahlia

Il ne s'agit pas tout-à-fait ici d'un hommage au film noir. Le projet de ce spectacle théâtral vise l'utilisation des codes de ce genre totalement intégré par le grand public pour lui raconter des choses intimes : l'autogénèse d'un artiste ou comment la perte de sens peut amener à un processus créatif .
En résidence du 17 au 31 juillet 2017
Théâtre, cinéma, film noir, hommage,
fantasmes, gangster, tenancière, électricien, suspense, légèreté, silence, dangereux...



Distribution :

Mise en scène : Pierre Somville
Assistant | Réalisation : Jonathan Slotboom
Acteurs : Fanny Dreiss, Amandine Vandenheede,
Michel Collige, Manuel Campos,
Michaël Dubois, Jonathan Simon

Costume | Coiffure : Laetitia De Nève
Chef Opérateur : Maxime Jennes
Texte : Régis Duqué

Ambiance...

C’est par l’omniprésence de l’obscurité que tout commence.
Dans ce noir émergent des individus.
Des garçons et des filles fantasmés en gangsters et policiers. Ils semblent chercher à retarder la fatalité.
Il y a d’abord Betty, qui veut être amoureuse. Il y a Tom, qui est amoureux de Betty.
Il y a Donald, qui est amoureux de Betty.
Il y a Jerry, lui aussi amoureux de Betty.
Il y a un électricien ou un inspecteur de police qui s’appelle Day, obsédé par Betty, qui questionne le destin...
Et surtout, il y a l’intériorité d’une tenancière obscurcie par ses angoisses. Elle cherche la lumière au plus profond de ses histoires.

Intentions | utilisation du "film noir"


Le genre noir s’est largement popularisé avec le temps. Habitué à ses codes, le public y est très souvent confronté, parfois même sans s’en rendre compte, tant le genre a influencé le cinéma des années soixante à nos jours.

L’utilisation des codes du film noir devrait permettre au metteur en scène de créer des conditions théâtrales dans lesquelles le spectateur entre facilement, et de lui raconter quelque chose de très intime : sa conception de l’autogenèse de l’artiste, ou l’émergence chez un individu de la nécessité de (se) raconter des histoires.
Comment la perte de sens peut-elle amener à un processus créatif ? Et peut-elle apporter une réponse à la  finitude de l’existence ?

Les contrastes clair/obscur de la photographie du film noir peuvent dépeindre une atmosphère sombre et immatérielle, symbolique d’une réalité sociale aux repères troubles. Et en même temps, sans le récit, la coupure de courant qui plonge la tenancière dans le noir fait naitre une obscurité représentative de son intériorité. Le sentiment d’angoisse, qui accompagne la perte de sens, pousse la tenancière dans un mécanisme où elle va chercher à animer sa réalité d’un sens nouveau.

" L’intérêt du genre est qu'il vous donne une structure très claire, que vous avez ensuite le loisir de remplir d'ambigüité. " Jean-Pierre Esquenazi, Le Film noir. Histoire et significations d’un genre populaire subversif

La Compagnie du Dahlia


Fondée en 2015 par Pierre Somville, la Compagnie du Dahlia est le résultat de l’association de 7 étudiants du Conservatoire Royal de Mons.
Inspirée des mécaniques de la tragédie, qu’elle met en place à travers des codes cinématographiques, la compagnie fait le pari d’unifier ces deux univers pour créer des spectacles de tendance populaire, avec l’envie de construire un tremplin intermédiaire vers le monde du théâtre à destination d’un public moins initié.
À travers des divertissements à l’esthétisme poussé, elle propose des avis aux accents poétiques et accessibles sur notre monde contemporain.

Le texte


En 1999, Régis Duqué écrit Dans le noir, une histoire de gangsters tantôt dangereuse, tantôt décalée, et qui prend place dans un univers noir.

" J’y ai trouvé le langage cinématographique approprié au projet, à la fois populaire par l’empreinte que ses codes ont laissé sur nos créations contemporaines, mais aussi parce qu’il est issu d’une époque (au sens artistique) qui fait toujours fantasmer l’inconscient collectif.
De plus, l’écriture se veut légère et accessible, l’utilisation d’images très concrètes par l’auteur provoque une facilité déconcertante de la compréhension des évènements.
Enfin, le rire, qui parfois émerge du pathétique des personnages en proie aux doutes, ponctue le texte d’accroches qui aident à conserver une qualité d’échange avec le spectateur.
La forme du texte, son univers, et ses références m’ont convaincu de sa pertinence vis à vis de mes aspirations. " Pierre Somville

Lorsqu’une coupure de courant surprend la tenancière du Trézène — un hôtel du centre-ville — celle-ci est plongée dans le noir. Alors qu’apparait un électricien, quelque chose d’autre se construit dans l’obscurité. Un quatuor masculin et une femme en robe rouge semblent jouer aux gangsters et aux policiers.
Le spectateur assiste alors à l’émergence de deux récits qui à priori ne semblent exister qu’indépendamment l’un de l’autre. Alors que les histoires progressent, un lien narratif se précise tandis que la frontière entre l’introspection et la sublimation de la tenancière s’efface. L’on découvre ainsi que, de l’intériorité inconsciente de celle-ci, émerge un processus conscient et structuré.



Coproduction : Les Riches-Claires